Les marchands d’Orient sont incapables de nous fournir les mêmes quantités que l’année passée. Ils accusent la Vermine de cette pénurie. Comme vous le savez, en certains endroits du Sagarika, les hommes et les rats vivent côte à côte sans que personne ne se soucie du danger pourtant évident. Jusqu’à récemment, la Vermine vénérait les dieux-rats, sinistre parodie des dieux de l’Avras antique. Mais lorsque la peste a frappé le pays, on dit qu’un rat est passé parmi eux en prêchant la venue d’un nouveau dieu, le Portepeste, qui offrirait le salut via le contact avec la maladie. La pestilence s’étendait autour de ceux qui le vénéraient. Bien que ce nouveau culte ait fini par être chassé, il ne le fut pas avant d’avoir infligé de terribles pertes aux hommes et aux troupeaux, portant par la même occasion un rude coup à nos comptoirs.
Je suggère que nous retransférions nos capitaux vers nos entreprises au Qassar. Elles ne sont certainement pas aussi profitables, mais on peut espérer qu’elles nous permettront d’étoffer notre inventaire pour l’année à venir, tout en tirant un profit de la hausse du prix des épices.