Il ne faut par contre jamais faire confiance à un orque ; de même, ne signez qu’à vos propres risques le moindre traité avec des gobelins. Ces forcenés à peau verte ne vivent que pour se battre. Même le mot qu’ils emploient pour « repos » est synonyme dans leur langue de « bagarre ». Les orques résolvent la moindre dispute à coups de poings et de couteaux. Quant aux gobelins, s’ils portent un moindre intérêt aux combats à la loyale, ils font preuve d’un véritable génie lorsqu’il s’agit de meurtre. Aussi diversifiée qu’obscène, cette engeance est, partout dans le monde, la ruine de la civilisation.
Il est dit qu’à l’aube des temps, bien avant l’Âge d’Or, les tribus éparses des peaux-vertes s’unirent sous un seul et même grand chef. Il est possible que ce soit cette race qui ait jeté à bas les Anciens Sauriens, bien qu’aucun document ne permette d’étayer cette hypothèse. La plupart des historiens rejettent catégoriquement une telle affirmation ; je doute d’ailleurs que les peaux-vertes eux-mêmes en aient la moindre idée. Ce récit devrait cependant nous porter à réfléchir. Car si en effet un puissant seigneur de guerre peut commander à des milliers de guerriers, ne serait-il possible qu’un chef véritablement doué parvienne un jour à submerger le monde sous une marée verte ? Cette seule pensée me fait frémir.