C’est avec une certaine frustration que je dois admettre ne jamais avoir vu d’homme-rat, malgré tout ce que j’écris ici. Dans de nombreuses villes, j’ai fouillé les quais et les tavernes les plus sinistres, censés être fréquentés par ces trafiquants, mais en vain. Peut-être le don de discrétion est-il la dernière compétence restant à la Vermine ? Ceci pourrait expliquer pourquoi il est si difficile de déceler leurs opérations illicites.
La Vermine a toujours été un peuple de charlatans et d’escrocs, incapables de la moindre innovation, contraints de singer la grande nation d’Avras. Il est évident qu’elle est dépourvue de la moindre capacité de créer quoi que ce soit que le monde de la surface serait désireux d’acheter ouvertement, préférant tirer une maigre subsistance de son trafic de poisons, drogues, esclaves, artéfacts et armes prohibées.
Bien que je n’aie jamais rencontré la moindre de ces créatures, j’ai croisé de nombreux contrebandiers humains qui étaient certainement dignes de cette appellation. Certains hommes ne connaissent en effet pour ainsi dire plus la moindre honte ; c’est pourquoi rien ne les retient de s’adonner à ce commerce. Même si les rongeurs peuvent trouver des partenaires économiques plus fiables chez les gobelins ou les nains infernaux, il faut bien reconnaître qu’on trouve toujours une abondance de leurs « produits » dans les villes de Vétie.