Les elfes des Hautes Lignées autorisent-ils les autres races à visiter leur île ?
Il me semble avoir déjà mentionné dans ma correspondance le fait que j’ai dans le passé pu consulter certains ouvrages dans l’une des grandes universités elfiques de Celeda Ablan. Ce fut là l’un des temps forts de ma carrière académique, mais ce ne fut pas sans risque. Les visiteurs humains (et tout étranger, d’ailleurs) dans les cités elfiques de Celeda Ablan y jouent bien souvent leur propre vie.
Si vous vous montrez prudent, si vous suivez attentivement les instructions des elfes qui vous escortent et si vous ne vous aventurez pas au-delà des lieux autorisés, vous devriez survivre au voyage et regagner le vaisseau qui vous a amené. Mais ces elfes restent parfois imprévisibles, et sont aisément offensés. Un étranger peut à tout moment, et sans même en prendre conscience, ruiner sa réputation auprès de ses hôtes à tout jamais.
Rien que pour accéder au Port-de-Perle, il faut attendre pendant un long moment l’autorisation d’accoster. Les potentiels visiteurs sont forcés de débarquer sur le Roc désolé, à quelques encâblures de la côte, où ils sont examinés et interrogés à de multiples reprises. Lors de mon premier voyage, j’y suis resté une semaine avant de me voir refuser l’accès à l’île pour le seul motif que le capitaine du vaisseau qui m’avait amené avait donné la mauvaise forme de salutation. Heureusement, on trouve sur le Roc tout un marché de fortune qui évite que de telles expéditions soient faites en pure perte.
Il est très difficile de débattre des défenses de leur île, mais on sait que les elfes maintiennent des forces sur leur archipel, fort conscients qu’ils sont des menaces extérieures, actuelles ou potentielles. On raconte qu’un des marais au sud-est de Celeda Ablan serait infesté de ces petits êtres appelés « ferrailleurs ». Si cette rumeur était avérée, ce serait là un fait remarquable, et certainement source d’embarras. Si j’étais vous, je ne soulèverais pas la question en présence d’un elfe avec qui vous souhaitez rester en bons termes.