Jour 32
Ma présence n’a toujours pas été remarquée. Mon nouveau poste d’observation offre décidément de nombreux avantages. Je pense avoir finalement confirmé la théorie de Von Möltburg selon laquelle les spécimens quadrupèdes microcéphales qu’il avait disséqués après l’expédition de Renzigen sont en fait les représentants mâles de l’espèce. Longs de quatre à vingt pouces, ils sont à peine pourvus d’intelligence. La seule chose dont ils semblent capables est de fertiliser des œufs, par ailleurs aussi gros qu’ils le sont eux-mêmes.
Jour 33
Eh bien, il semble que nous pouvons définitivement rejeter la théorie du vieux Gahlengeld comme quoi les « guilas » formeraient une caste héréditaire de guerriers. En près de trois semaines, je n’ai toujours pas observé la moindre différence entre leur rôle social et celui des plus petits, surnommés « skinks ». Leurs interactions sont remarquablement dépourvues du moindre aspect hiérarchique, leur société est véritablement fort primitive. Il semblerait que s’ils forment des unités séparées au combat, cela est purement pour des raisons de biologie, et non pas du fait d’une quelconque différence sociale.
Jour 34
J’ai enfin pu apercevoir un des légendaires « caïmans ». Il est venu à l’aube. Il ne fait clairement pas partie de la communauté de façon permanente, quand bien même il a été bien accueilli par les autres. J’ai passé à peu près quatre heures à le regarder arranger des coquillages pour former des motifs complexes le long de la berge, tant j’étais fasciné par ce spectacle, comme un petit enfant. Même les autres sauriens tendaient à l’éviter, se contentant de l’observer de loin, l’air perplexe.